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Comme j'avais rien à dire, je me suis dit que j'allais vous raconter ma dernière anesthésie générale. Ce fut un grand moment. Même si ça commence à dater...
Déjà ça commence bien, pas le choix, je dois me faire opérer le 22 décembre...génial, trois jours avant Noël...
6H30 : je pars pour l'hôpital, j'ai pas mangé ni bu, ni fumé depuis la veille, je suis dans un état de nerfs épouvantable parce que j'ai pas voulu prendre les petites pilules roses pour être toute calme et toute défoncée genre "maman, je t'aiiiiiiiiiiiime et toi aussi le chirurgien je t'aiiiiiiiiiiiiiime, oh, une fougère, j'aiiiiiiiiiiiiime les fougères..." parce que bon, les trips love love la terre entière, c'est pas mon truc comme on l'aura compris.
Donc j'arrive à l'hôpital et comme chaque fois qu'on va me forcer à faire dodo, j'ai la trouille. Pour être vulgaire, j'ai les patates au fond du sac. Bref, je suis terrifiée, je suissûre que je ne vais pas me réveiller, que je vais y rester sur la table, que je vais passer l'arme à gauche. bref, je flippe. J'ai refait mon testament trois fois dans la nuit, appelé Amélie Le Guerrec deux fois pour m'excuser de lui avoir balancer mon pied dans la gueule par mégarde en plein milieu du spectacle de fin d'année en primaire. J'ai mis mes affaires en ordre, donné presque toutes mes fringues, vendu mes livres, fait don de mes écrits à l'académie franaçise, brûlé mon journal intime. Je suis au désespoir, j'avance vers la mort.
On me fout à poil et vlan dans un plumard et on me dit tiens bois ça, ça va te détendre. Je cache le petit cacheton sous ma langue, persuadée que je vais faire une réaction allergique ou que les toubibs n'ont pas vérifié les interactions médicamenteuses avec le traitement que je suis en parallèle.
Finalement, après deux heures d'une inssuportable attente, les infirmières viennent me chercher. Je crie à mon frère qui m'accompagne que je l'aiiiiiiiiiiiiiime pendant qu'ils m'emmènent au bloc. Ensuite on me carre dans un coin de couloir et j'en viens à espérer qu'on m'ait oublié. Mais la perf me fait mal dans mon bras à moi. ça tire et ça brûle. Je verse une larme, je dis au revoir à la vie quand je vois arriver l'équipe chirurgicale au complet. J'ai l'impression d'être dans un épisode de Walker Texas Rangers.
Une fois dans la salle d'opération, je me dis quite à mourir, autant mourir dignement. Je ferme donc les yeux un court instant et ravale les larmes de terreur qui coulent sur mes joues. Je pointe mon regard dur et froid de bretonne qui n'attend plus son matri depuis trop longtemps disparu en mer. Je suis forte, je resterai de marbre face à la mort. Deux secondes plus tard, on m'injecte un produit. Je me demande fugacement ce que j'ai bien pu faire pour avoir droit à une injectino létale et dans la seconde qui suit je trouve une bonne douzaine de raisons fort valables. Je sens le produit qui grimpe dans mes veins. ça brûle alors je me mets à dire des trucs genre "aie euh ça brule, ça monte dans mon coeur, mon coeur, ça bru..." Ils me croient endormie en train de planer à des miles. Mais Tu parles contre toute attente, je me redresse, je gueule "je vais mourir, je vais mourir" Le chirurgien m'engueule : " tu vas repartir avec trois pieds en moins si tu continues à me faire chier" (c'est pas du mot à mot mais en substance, c'est ça). Là une gentille infirmière me prend la main et tente de me rassurer. J'entends le chirurgien qui braie : "mais pourquoi elle dort pas elle!! c'est halllucinant t'as vu la dose!!!"L'infimière est toujours aussi gentille, je commence à délirer grave. Je me redresse à nouveau, bien décidée à faire un bisou à l'infimière qui est si gentille avec moi quelques secondes avant ma mort. Je bagarre à moitié avec elle parce qu'elle croit que je veux la frapper ou me barrer en courant. Je lutte et contre toute attente, c'est moi qui gagne. Je lui fais un bisou sur la joue e- pouf y a plus personne... je dors, je plane je fais "ah gaaaaaaaaaah".
Je me réveille deux minutes plus tard (en tout cas c'est l'impression que j'ai). Je suis dans une salle pleine de lits. Ah ouaaaaaaaaaaaaaaaaais la réa!! J'ouvre la bouche et jaillit alors un flot de sang. Je beugle
"eo sang en ur gwele!!!"
"quoi????"
"eo sang en ur gwele!!"
"mais qu'est-ce qu'elle raconte..."
"il y a du sang plein mon lit donnez moi un mouchoir " (je vous fais la trad parce que sinon bnojour!)
"mais elle parle quelle langue là?"
"mais bon dieu, je parle français" (car oui j'étais convaincue de parler français)
" va falloir appeller sa mère parce que là moi je comprends rien"
et le monsieur à côté dit aux infimières "elle parle breton la petite"
là je capte et je gueule : "ma mère est gallaise, elle parle pas le breton!!!!"
finalement le monsieur fait la traduction....
Sur le retour, toujours dans les vapes, on s'arrête devant un éléctricien, je tombe amoureuse de lui_ alors que franchement il est pas beau. Je me mets à lui débiter des salades en angalsi cette fois-ci...et comble du comble, il me répond!!Je discute un peu avec lui, e lui fais une cour bien lourdingue à laquelle il tente déchapper. Au retour dans la chambre je baragouine en anglais avec mon frangin tandis que ma pauvre maman pas bilingue pour deux sous n'essaye même pas de comprendre.
- don't worry Marie, you'll be ok!
- mais qu'est-ce que tu me parles en anglais toi gros boulet!!!
Et voilà la bonne vieille marie des bons jours est de retour...mais mon dieu, quelle opération!!!