10 posts tagged “emploi”
Genial, aujourd'hui je ne travaillais que du matin. La fête, une pauvre petite demie journée de travail, ça valait presque le coup de se lever pour voir ça.
Arriver au travail, je commence à envoyer des textos à mes copains, essayant de réveiller Estebadia à coups de SMS d'un côté et soliloquant sur le taux de criminalité au bureau durant les dernières heures précédant le week-end. Tout se passait plutôt bien, ma collègue ne m'avait toujours pas proposé de café alors que ça fait trois semaines ou pas loin que je bosse dans le même bureau qu'elle et ses petites copines et jamais, je dis bien JAMAIS elles ne m'ont proposés le moindre café, pas même une cuillière!!
En même temps ce sont quatre grosses pétasses qui ne font que parler de mecs et de voitures, de leur progéniture et de voyages hyper exotique genre "On a fait un voyage organisé en Italie avec mon mari l'année dernière, on est resté trois jours, c'était HY-PER sauvage je veux dire, à l'arrache comme ça, on avait reservé seulement deux mois auparavant, dès qu'on était pas avec le guide, on devait rentrer seuls à l'hôtel!!!" et la copine de hocher du chef : "han waouh t'es une vraie warrior toi!!" Et forcément, elles ne m'aiment pas parce que je range les saloperies qu'elles ont pu faire dans les archives genre
"je fais tomber un dossier mais arrête t'es fou, je vais pas le ramasser!!! et ma french manucure meeeeeeeeerde!"
bref, c'est de la pétasse de compèt'! Je pense organiser un dîner très prochainement.
Donc voilà, ce matin j'étais assise à terre avec une pile de dossier sur les genoux et voilà t'y pas que je me dis "mais, fichtre, il me manque le dossier Kerfustec enfin!" Et de me pencher plus avant, toujours la pile de dossiers sur les genoux, pour trouver le fameux fichier Kerfustec. Je le trouve, décroche le suspens et là, horreur des horreurs! Une araignée vraiment dégueulasse se balade entre déscritif de bateau de pêche et garanties. Evidemment, étant une femme je me mets à hurler tout ce que je peux. Et je me barre le plus vite possible et le plus loin possible de l'araignée. Sauf que, eh, et bien quand je me suis retrouvée dans le bureau de mon collègue pour lui dire "Y'a un truc hyper gore dans les archives, tu veux bien me la trucider cette espèce de saloperie ou sinon je dis au chef que tu planques une bouteille de whisky dans ton tiroir" et bien je me suis rendue compte que j'avais vachement mal à la main. Et que en fait, comme une conne, je me suis ni plus ni moins fait une entorse au petit doigt en me relevant précipitamment.Strappée du petit doigt de la main gauche, je suis donc handicapée, je ressemble désormais à une Tortue Ninja.
Vous pouvez envoyer vos dons à l'adresse suivante :
Marie Kamalodoi
rue de l'hermine sans pitié
Bretagne
les fonds récoltés serviront à m'acheter du sparadrap et à m'acheter ce super petit pull que j'ai vu en promo chez Camaïeu Femme pour me consoler de mon bobo.
d'avance merci...
Je résume, depuis quelques temps, je multiplie les activités professionelles pour palier au manque financier en attendant sereinement mon prochain remplacement au Gentil Petit Journal (mars si tout se passe bien). Donc en plus de la petite fille que je garde, du monsieur pour qui je fais les courses et le ménage et des expositions photos en préparation, je fais des extras pour des agences d'intérim...Ouais je sais j'ai une vie palpitante et pleine de rebondissement. Des fois même moi j'ai du mal à me suivre...
Bref, ce week-end, j'ai donc travaillé deux jours pour les olympiades des métiers (genre lancer d'ordinateur pour les informaticiens, tir d'élèves au panier pour les profs et saut en longueur pour les hommes troncs du cirque Barnum), bref, deux jours d'exposition et de défis et pour moi, deux jours de service cafétaria et une soirée cocktail.
Après les repas de la cafétaria où on n'avait pas grand chose d'autre à faire que débarasser les plateaux, et préparer les goûters e nos glorieux participants, la soirée cocktail arrivait tombait comme une mouche dans une soupe à l'oignon (autrement dit, trè bien). En plus, on me colle responsable de poste sur un des banquets (la classe, top fière et tout). Donc je me mets toute belle, pantalon et veste de tailleur noirs, chemise blanche, cheveux tirés en arrière...une vraie dadame...Je commence à préparer mon bar. Je m'avance en mettant quelques kirs tout prêts sur ma table et voilà Michel Le Chef qui arrive avec les serveurs venus en renfort pour la soirée. Style tan tan tan voilà les Zorros de la restauration!!
Donc le Michou me présente à mes subalternes (ouah des gens sous mes ordres, j'adooooooore) et voilà qu'une nénette se pointe pendant que Michou fait son speeh et se barre avec l'une des superbes compositions florales qui ornent mon banquet. Je reste interloquée quelques secondes, pile assz longtemps pour qu'elle se barre et je commence à beugler "Michel, michel!! y a une nana qui...
- Attends mignonne, j'explique aux nouveaux!
- Non mais Michel...
- Deux minutes!
- Ok ok
Deux minutes plus tard:
- alors mignonne qu'est-ce que tu voulais me dire?
- Que y a une nana qui vient de se barrer avec la composition florale!
- Merde!
et le voilà le gros Michou qui se met à trotter et puis rien, incapable de retrouver ni la nana, ni la composition florale.
Et moi j'ai bien rigolé!
ouais, je sais je suis sadique...
Le mystère a été eclairci un peu plus tard quand on a réalisé que c'était une des poulettes participant aux olympiades qui avait prêté son chef d'oeuvre et était venu le récupérer quand, dégoûtée, elle avait appris sa défaite face à un superbe bouquet de violettes ou quelque chose dans le genre.
Mystère ou pas, Michou en train de courrir restera longtemps gravé dans mon esprit comme un vrai moment de bonheur!
( oh la la, qu'est-ce qu'elle est sadique, cette marie!!)
voilà et maintenant que je suis rentrée, je vais me coucher, parce qu'il est à peine 3 heures du matin...
Bah on rigole, on rigole, on voit pas le fond du bol mais pendant ce temps-là, je continue à chercher du boulot!
Alors reprenons, il y a deux semaines dans un élan soudain, j'ai appelé toutes les rédactions des publications de la région et j'ai laissé mes petites coordonnées. Et je dois dire que je n'avais pas grand espoir quant à un éventuel coup de fil...et voilà que hier soir alors que je prenais mes billets pour aller passer une petite semaine à Amiens, et bien voilà t'y pas que je reçois un coup de téléphone en appel masqué:
- bonjour, c'est spiderman
- Je me doutais bien, appel masqué c'est pas tout le monde!
- Nan, je déconne, je suis le rédacteur en chef du **** ( pas de publicité)
J'ai fait une tête pas possible avec genre tes yeux ils te sortent de ta tête et les globes poussent tes lunettes jusque sur le bout de ton nez (en trompette s'il vous plait). On m'aurait dit : "Bonjour ici Jean Paul bâton bâton depuis le pays des morts!" que ma tête aurait été moins genre "Oh mon dieu c'est quoi ce bins"
Cependant avec le flegme quasi britannique qu'on me connait, j'ai dit :
- et ?
- Pourrions-nous nous rencontrer?
- C'est quand tu veux où tu veux j'amène le nutella!
- Je vais regarder, dites moi une date
- demain?
- Oh la vache demain! j'hallucine, lui il veut me voir demain! Eh tata! eh le gars il veut me voir demain! ah ah !
- attendez, hum...oui...oui demain ça ira...14H30?
- Très bien, je vous attends
- Tata!! Tata!! Il m'atteeeeeeeeeeeend!! (ouh la relent d'adolescence)
J'ai changé mes billets ...
Donc je n'ai pas dormi de la nuit...
Et cet après midi, j'ai dit dans ma tête : "Oh la la, bordel!"...Et sur le chemin je me disais "Oh la la la la la merde"... et en passant la porte de la rédaction je me disais : "Oh putain la la la la la la la la la" Et pendant l'entretien, le monsieur il mate mes articles et il fait "oh la la" et "oh la la la vous êtes disponible la semaine de nawel au bananier?ce serait un premier pas" et j'ai dit "Oui oui putain de bordel de merde ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii" ( j'aime bien ce truc pour barrer, c'est rigolo) Et il est sorti et il est revenu et il m'a donnée un papier pour écrire mon numéro de sécu et autres conneries dans ce genre et il m'a dit: "venez donc le 18 je vous présenterai l'équipe"
Je suis sortie, je me suis mise à poil et j'ai couru partout dans la rue en hurlant : "j'ai décroché un remplacement dans un canard!!!!" J'ai attrapé un présentoir des gros titres du quotidien du coin et je l'ai brandi vers la foule en délire en hurlant "je pédale Henri je pédale"
Alors heureuse?
HI! HI! HI! HI!
Je suis Lois Lane!!!
Chômage depuis samedi...J'aime pô ça...
Alors comme j'aime pas rester là à rien foutre, je suis allée voir ma copine la mission locale ! Elle a changé, elle est toute neuve, toute belle et tout! Ouah, c'est donc pour ça qu'elle ne propose que 500 euros d'aide à la formation alors que dans d'autres régions, ça peut atteindre les 4000 euros...mais vu qu'on passe nos journées là-bas, nous autres chômeurs n'allons pas nous plaindre...au moins c'est confortable et j'adooooore la couleur des murs.
Bon, n'empêche que ma conseillère, elle est bien celle-là (ça me change, mon dieu, ça change!) et en plus elle est jolie (comme les bâtiments, non ça veut pas dire qu'elle est peinte en rose saumon et vert d'eau). On a parlé formation!! Ah, ah!
Je veux faire (enfin) une école de journalisme pour éviter de me faire bouler de tous les entretiens que je passe dans les différents canards du coin. Mais ça coûte cher de voir ses compétences reconnues! Oh nom de dieu (pardon aux catholiques pratiquants, mais j'ai pas pu me retenir). La facture fait peur! 3500 euros par an pendant deux ans, plus les frais de concours et de dossier. Et comme je n'ai que le bac, j'ai droit de faire un dossier, de passer un entretien et un concours, rien que ça! Alors que ceux qui ont fait la fac, ils ont juste à faire un dossier. Remarque, c'est de bonne guerre, c'est de la très grande école reconnue dans toute l'Europe et tout...mais bon..Là où j'ai peur c'est pour les sous...Comment trouver 7000 euros plus tout ce qu'il faut pour vivre sur place pendant deux ans?
Je m'excuse publiquement ici, j'ai pas pu m'empêcher de m'exclamer dans le bureau de la gentille conseillère:
- 500 euros?!! Ils veulent tous qu'on fasse une formation de standardiste?! (ouais, je sais c'est petit pour les standardistes)
La pauvre savait pas où se foutre, moi non plus du coup...
Cela dit, je ne comprends pas et je voudrais bien qu'on m'explique :
- Pourquoi on doit payer très cher pour être au chômage après?
- Pourquoi les aides sont aussi élevées que le prix d'une paire de chaussettes chez Chanel?
- Est-ce que les aides ça sert juste à payer les transports en commun pour aller à la formation?
- Pourquoi pour faire une VAE on doit avoir travailler TROIS ans (3) dans une entreprise (c'est vachement long à 23 ans) ?
- Pourquoi je suis allergique à la noix de coco (tant qu'on est dans les questions existentielles) ?
- Pourquoi les pauvres ont rien et les riches ont tout, genre de bonnes formations...
Mais il y a une question qu'on ne me posera pas, c'est pourquoi j'ai pris ma carte du parti communiste.
Il est 7H00, Lidl s'éveille doucement...
Et forcément, moi je me suis levée à la bourre, parce que 5H30 du matin, c'était il y a peu encore l'heure à laquelle j'arrêtais de travailler (forcément, le journalisme quotidien, ça décale) donc fatalement, mes yeux ont régulièrement du mal à suivre mon cerveau qui lui a du mal à entendre mon réveil mais ne présente aucune difficulté pour commander à mes muscles de l'éteindre...Comme j'étais vraiment à la bourre, j'ai fait l'impasse sur le petit déjeuner et sur la douche (honte à moi, je sais, j'ai eu l'impression de pas m'être lavée depuis une semaine, c'est ma pénitence)
Arrivée au travail, je commence à ressentir un petit tiraillement là, juste au creux de l'estomac...bof un petit creux rien de plus...on lui dira!! Une heure plus tard, j'étais à l'agonie, la faim me tiraillait. Les crampes d'estomac me donnait des visions d'au delà. Et on en était seulement à faire la mise en rayon !
9H: ouverture des caisses. Je prends la mienne et voilà t'y pas qu'un monsieur, fort aimable au deumeurant, se pointe avec un sandwich, honnêtement, j'étais pas loin de tout plaquer et de partir me cacher après avoir arracher le sandwich au monsieur. Dieu merci, au fil des années, j'ai appris à me contrôler mais c'était moins une...
Cependant ce ne fut que le début d'une longue, très longue et très difficile épreuve. les gâteaux dansaient sous mes yeux, je manquais m'évanouir devant une boite de cassoulet les paquets de bonbons disposés en face de ma caisse ressemblaient à s'y méprendre à la Terre Sainte.
A 11H, je partais en pause. Malheureusement, vu le nombre de clients et le temps limité de mon moment de détente imposée par le code du travail, je n'avais pas le temps d'acheter un petit chose à manger. Je priais intérieurement que l'une des caissières aient fait un gateau ou qu'il reste des pains au chocolat. Que nenni plus rien, cependant, je crus voir le Christ quand j'aperçu un pot de yaourt...vide. Pour calmer mon estomac à l'agonie, je fumais donc une cigarette que je faillis bouffer au lieu de l'allumer. Fin de la pause.
les gateaux recommencent à danser autour de moi, les courgettes et les épinards ne m'ont jamais paru plus appétissant, les cannettes de coca et les bouteilles de jus d'oranges jouent en choeur l'opéra du petit déjeuner écrit en 1748 par l'ami Rico Ré. C'est un bout d'enfer que j'ai traversé ce matin...les minutes défilaient une par une, chacune me rapprochant un peu plus du changement d'équipe.
13H45: enfin, je débauche, je compte ma caisse, elle est juste (étonnant quand on sait que j'ai passé la moitié de la matinée à m'empêcher de me faire une salade de billets de 20 euros avec un peu de produits d'entretien des caisses). Il me reste un kilomètre à parcourir avant de rentrer chez moi, enfin. sur la route, je craque et j'achète un snickers. Je me contrôle avec mon flegme légendaire et parviens à ne le manger qu'en trois bouchées. Mais de toutes façons, si je ne le mangeais pas, je m'écroulais avant d'arriver à la maison.
Home sweet home. Une bonne odeur de pâtes (???) flotte dans l'appartement. il m'a fallu envrion dix minutes pour dévorer une assiette de nouilles au jambon avec un riz au lait à la vanille en dessert. le bonheur me submergeait toute entière, moi qui n'étais que famine revenait peu à peu à la vie et jamais le jambon n'eut autant goût de foie gras.
tout ça pour dire que demain, je vais l'entendre mon réveil et plutôt deux fois qu'une!!
Bon,on va dire que ça ne s'est pas trop mal passé, mis à part que j'ai appris qu'il y avait une bonne quinzaine de candidats sur le poste! ARGH! Mais bon, ça ne veut rien dire, j'ai prouvé mon dynamisme, mon envie de travailler dans ce super bar que j'aime et que j'adore...Normalement il ne peut plus douter une seule seconde de ma motivation! Il m'a présenté le bar et m'a ensuite demandé ce moi je souhaitais :
"ETRE BARMAID!! TRAVAILLER POUR VOUS"
Ai-je répondu avec la fougue de la jeunesse...ça lui a plu je crois! mais bon, c'est pas gagné d'avance...
Donc il me rappelle en fin de semaine prochaine pour me dire ce qu'il en est...
dans la foulée, tant que j'y étais, j'ai déposé un petit CV dans un restaurant. ils ont une nénétte à l'essai mais si elle ne convient pas ils me rappellent...On verra bien...Mais demain après midi, y a du démarchage dans l'air après le boulot!
De mon côté, je continue mon petit bonhomme de chemin. J'ai publié mon dernier article dans le journal l'Union aujourd'hui même. Un article sur une communauté de clubbers amiénois qui se retrouvent sur un site internet: Toomuch. Ayant quitté Amiens depuis quinze jours, ça m'a fait tout bizarre de savoir que j'étais en quelque sorte revenue d'entre les morts :D ça en a surpris plus d'un!
Quoi qu'il en soit, je continue à chercher du travail...demain je vous mets mon CV en ligne, promis! et en attendant le dernier article paru!!
Tu te couches en pleine forme et tu te réveilles malade comme un chien...ce sont des choses qui arrivent.
Mais pourquoi quand on appelle le travail depuis son lit, la main tremblante de fièvre, les joues rouges ou au contraire fort pâles, le repas de la veille au bord des lèvres, pourquoi votre responsable vous parle comme si vous le faisiez exprès?
C'est une chose que je ne comprends pas. Limite si elle ne vous engueule pas en vous disant comme votre maman en son temps : " t'avais qu'à te couvrir ! ". Comme si vous ne préfèreriez pas être en forme au boulot plutôt que malade à crever chez vous, à attendre que ça passe, la bassine à la main à bouffer du Motilium agrémenté de Primpéran. Franchement, le choix est vite fait...
c'est à croire que les responsables de personnel ne sont jamais malades. Ils sont increvables ces saloperies. quand ils sont enrhumés, ils vont au travail, eux ? quand ils vomissent tripes et boyaux, ils vont juste en caisse avec un sac en plastique à la main? limite si elles n'accouchent pas sur le tapis roulant avant de remettre au travail en allaitant?
Je ne pense pas...
mission locale quand tu nous tiens
Bon sans rentrer dans les détails trop persos, je me suis retrouvée il y a trois mois dans une grande ville fort loin de ma région d'origine avec plus personne, plus de maison, plus de boulot...plus rien.
ça fait bizarre.d'accord, il te reste toujours tes potes mais tes ambitions et ta vie en général en prend un sacré coup dans la gueule, surtout quand tout se passe en quelques semaines.
Comme il existe des structures en France qui sont censées aider les jeunes, les orienter vers des centres d'accueil quand ils se retrouvent face à ce genre de situation, j'ai décidé de mettre ma fierté dans ma poche cinq minutes et d'aller toquer à toutes les portes possibles et immagineables.
j'ai frappé à la porte de la mission locale, LA sortie de secours des jeunes par excellence (qu'ils disent)...J'ai donc frappé, on m'a ouvert, on m'a donnée un siège (fort confortable au demeurant, les moyens financiers ne sont donc pas investis où il faut puisque d'entrée de jeu tu les as dans le cul), on m'a fait expliqué ma situation. On m'a tendu un mouchoir, on m'a regardée avec un regard de chien battu genre "ouais, je comprends, ouais, à mort, ouais carrément, t'as trop raison, z'y va comme je te comprends" ( parce que la Mission Locale parle d'jeunes...pas moi...)
La le monsieur sort son cahier de rendez vous, il te dit que tu vas rencontrer une assistante sociale le 14 septembre! Ouais Ok, bon euh on est le 16 août...bref, on te dit, pour le boulot, vous vous présenter le 4 septembre pour une réunion sur les centres d'appels, ils recrutent très vite, dans les deux semaines, tu trouveras quelque chose. OK...et je fais dodo où moi en attendant? et je mange quoi?
"comment vous n'avez pas quelques amis qui peuvent vous aider?"
bah va bien falloir...heureusement, si une amie m'a prêtée son appart jusqu'à ce que je trouve autre chose et en attendant, elle habite (à son immense regret j'imagine) chez son chéri. Boulots alimentaires au noir pour bouffer en attendant la réunion.
arrive le 4 septembre (roulement de tambours). je me suis tapée deux heures de réunion pour apprendre tout sur les métiers des centres d"appels et comprendre que de toutes façons, il fallait que je sois formée pendant huit mois avant de commencer ... bon ... "C'est rémunéré ces formations?"
"bien sûr Marie Debrouille, comme vous ne bénéficiez pas des ASSEDIC puisque vous avez travaillé pendant un an en tant que travailleur indépendant, et que vous avez moins de 26 ans et ne percevez donc pas le RMI même si vous en avez grand besoin, vous toucherez la somme mirobolante de 324 euros pour vous nourrir et vous loger pendant les huit prochains mois, alors heureuse?"
bah non...
Finalement, quoi de plus ennuyeux que de faire un CV ? Qu'y a-t-il de moins passionant que de ressasser ses expériences professionnelles passées (et probablement râtées puisqu'on se retrouve à les conjuguer àl'imparfait), et de chercher compulsivement les dates d'embauche et de fin de contrat.
Le pire, c'est quand on postule pour plusieurs postes différents, en ce cas il faut des CV différents mettant en exergue tel ou tel aspect de notre vie professionnelle. C'est quand même un monde!!
et je ne vous parle pas des lettres de motivation que l'on souhaite encore manuscrites, ce qui fait perdre un temps fou. Imaginez que, comme moi, vous postuliez pour trouver un travail en saison. vous allez donc frapper à toutes les portes. Vous allez envoyer pas moins de 20 ou 30 CV dans l'espoir d'une réponse positive. Et bien les 30 lettres accompagnant les 30 CV (pas toujours identiques) devront être écrites à la main. Et à ce moment là quand on écrit ces fichues lettres, on a l'impression d'être puni. Comme en primaire, on fait des lignes :
Je suis capable de faire ce travail
je suis capable de faire ce travail
je suis capable de faire ce travail...
Finalement ça vire à la méthode Coué et on se retrouve à vraiment penser qu'on peut devenir gérant de Virgin ou de Google avec seulement un CAP coiffure en poche. Donc en gros ça motive tout en démotivant. Moi je rêve du jour où ce seront les employeurs qui enverront des lettres de motivation aux futurs employés pour les supplier de travailler pour eux. Je me dis que ça changerait agréablement le quotidien de rentrer chez soi, d'ouvrir le courrier et de dire "Oh non, encore une lettre de l'entreprise machin, j'en ai marre de tout ces gens qui veulent que je travaille chez eux! "
ce serait le monde à l'envers, les patrons pleureraient le soir en disant: "J'en ai marre, je ne suis même pas capable de garder un employé correct plus de dix jours" ou encore "Je veux l'engager, c'est l'employé de ma vie, il faut que je l'ai". du coup, ce serait eux qui seraient complètement stressé pendant l'entretien, eux encore qui surveilleraient le courrier chaque matin avec fébrilété, eux et encore eux qui flipperaient que l'on démissionne. Eux qui nous demanderaient si l'entreprise nous plait et si elle est à la hauteur de nos espérances et pas le contraire. et puis pour une fois, ce ceerait eux qui pointeraient à l'ANPE, qui feraient des bilans de compétences et des VAE, qui supplieraient pour des formations. ils négocieraient tous les salaires à la hausse, proposeraient des augmentations et des promotions mirobolantes. croyez bien que dans un tel contexte tous les employés seraient nourris et logés par les sociétés et pas à deux dans une chambre de 8 m² comme j'ai pu le voir. ils viendraient nous réveiller le matin et nous prépareraient le café et les croissants en arrivant sur le lieu de travail, ils nous encourageraient à prendre des vacances.
pour le coup, on serait gagnant...
mais la réalité c'est qu'aujourd'hui, malgré de nombreuses compétences, ce sont les actifs sans action qui cherche désespérément du travail, eux qui en chient tous les matins et qui n'arrivent pas à dormir le soir parce qu'ils ne savent pas comment ils vont payer leur loyer. c'est nous, qui tous les jours, consultons fébrilement le site de l'ANPE dans l'espoir fou de trouver un poste convenable ou non pour lequel on serait jugé plus compétent qu'un autre. tous les jours, nous devons lutter contre le découragement et trouver la force de chercher un travail... un travail qu'on ne trouve pas puisque le lendemain on recommence. et une fois qu'on a décroché un entretien, on se dit que finalement on aura énormément de chance de passer dans le peloton de tête et si jamais on décroche le poste, on passe toute la période d'essai à flipper et à se demander si on ne sera pas remercier à la fin de celle ci... être au chômage, c'est se poser des questions sans arrêt, c'est avoir peur.